13.06.2023

Ciné-Club : « Quand passent les cigognes » réalisation de Mikhaïl Kalatazov

Infos et réservation
Cinéma Le Studio
13.06.2023 > 29.05.2024 à partir de 18 h 30

Cineastu : Mihaïl Kalatozov
Scénario / Scinàriu : Viktor Rozov
Acteurs principaux/Principali attori : Tatiana Samoïlova, Alexeï Batalov.
Cadreur / Uperatore – Photographie / Ritrattera : Sergueï Ouroussevski (Prix de la Technique du Festival de Cannes 1958)
Montage / Muntatura : Maria Timofeïeva
Décors / Decori : Evgueni Svideleteliev
Son /Sonu : Igor Maïorov
Costumes/Vistiti : Leonid Naoumov
Musique / Musica : Mieczyslaw Weinberg
Production / Pruduzzione : Ministerstvo Kinematografi
Durée / Durata : 1h38
Année de sortie / Annata di esciuta : 1957
Pays de production / u paese di a pruduzzione : URSS

Synopsis / Sinopsi : Moscou, 1941. Veronika et Boris sont éperdument amoureux. Mais lorsque l’Allemagne envahit la Russie, Boris s’engage et part sur le front. Mark, son cousin, évite l’enrôlement et reste auprès de Veronika qu’il convoite. Sans nouvelle de son fiancé, dans le chaos de la guerre, la jeune femme succombe aux avances de Mark. Espérant retrouver Boris, elle s’engage comme infirmière dans un hôpital de Sibérie.

Présentation du film/ Prisintazione di u filmu:

Palme d’or à Cannes en 1958, « Quand passent les cigognes » demeure à ce jour une œuvre majeure dans la cinématographie soviétique. À partir d’une médiocre pièce de théâtre de Victor Rozov (cependant scénariste), Kalatozov réalise un film virtuose, tant sur le plan formel que sur le traitement thématique du propos. C’est par sa liberté de ton et de mouvement, pour lesquels, Sergey Urusevskiy, en complice idéal du réalisateur, utilise une caméra volubile donnant naissance à des plans séquences d’anthologie, que le film s’impose comme le manifeste inaugural de la renaissance du cinéma d’URSS en s’opposant radicalement à la sclérose stalinienne. On peut assurer que ce film est annonciateur des nouvelles vagues qui vont déferler sur une bonne partie de l’Europe : en France bien sûr, mais aussi en Hongrie, en Tchécoslovaquie, en Pologne … D’ailleurs c’est Claude Lelouch qui en 1957, au cours d’une visite aux studios Mosfilm à Moscou, assistant au tournage de Quand passent les cigognes [il filme illégalement pour ce qui deviendra son célèbre court-métrage Quand le rideau se lève] et séduit par le lyrisme et les audaces techniques du film, le fait découvrir au directeur du Festival de Cannes. On connaît la suite … Et l’aventure ne s’arrêta pas là, le film remportera également l’Oscar du meilleur film étranger à Hollywood. Rares sont les œuvres qui ont cumulé les deux distinctions. Cependant l’originalité de ce long métrage, ne s’arrête pas à ses prouesses techniques ou à ses caractéristiques thématiques, il renoue avec l’expérimentation formelle, typique du cinéma russe des années 1920. À ce titre, Kalatozov reprend le flambeau d’une révolution esthétique que le réalisme socialiste stalinien avait réprimé. D’autres cinéastes le suivent aussitôt dans cet engouement nouveau qui secoue tout un continent. Au hasard, citons Grigori Chukhrai avec « la ballade du soldat » (1959) ou Andrei Tarkovski avec « l’enfance d’Ivan » (1962) ou encore Evgeni Klimov avec « Soyez les bienvenus » (1964) qui tous participent à cette euphorique et inventive période de découvertes et d’expérimentations. Quand il utilise la caméra à l’épaule, technique apprise lors de son service militaire en tant que caméraman, Sergey Urusevski va faire école. Sa machine-oeil bouge avec les acteurs, elle scrute les visages au plus près des émotions, révèle la tension des palpitations et l’expression des regards. Et cette amoureuse focale chante les yeux de Tatiana comme Aragon célébrait ceux d’Elsa dans son fameux poème. Le tout avec la légèreté qui sied au côté adolescent des deux amoureux. Que dire également de la vitalité de leur sentiment lorsqu’elle s’exprime dans la montée sinusoïdale des marches du grand escalier. Exploit technique qui se passe de dialogue, tant le mouvement suffit à égrener « le tourbillon de la vie » comme le fredonnait alors et si joliment Jeanne Moreau. Un internaute, ayant aimé le film, observait finement que ce grand escalier pouvait fort bien être une citation du balcon de Roméo et Juliette. On retrouve cette même virtuosité dans le long plan séquence qui va de la course éperdue au milieu des tramways, jusqu’à la grille pour y sonder une foule où chaque visage est cadré afin d’en extraire la singularité. De même, lorsqu’on suit Tatiana gravissant les étages de l’immeuble à demi ruiné et qui, en ouvrant une porte, dévoile le vertige du vide et la béance de la destruction. A l’unisson de la douleur qui crispe son beau visage et de la désolation qui fige son regard. Comme suggéré plus haut, il y a ici la rémanence des véhicules fous dans la ville de Vertov et là l’indicible douleur de la mère sur les escaliers de l’Odessa d’Eisenstein. Cannes avait remis la palme d’or à Urusevskiy pour sa direction photo. Peut on s’en étonner ? Si l’on entoure « Quand passent les cigognes » de tant de superlatifs, c’est aussi parce que ce film renoue avec un cinéma qui s’invitait au bouleversement du monde. Et qu’on y retrouve l’audace d’un art que l’histoire avait brutalement abîmé.

Le réalisateur/u cineastu : Mikhaïl Kalatozov (1903-1973) est un scénariste et réalisateur d’origine géorgienne. Il est célèbre pour avoir réalisé Quand passent les cigognes, seul film soviétique distingué d’une Palme d’or à Cannes, et Soy Cuba. Acteur, il participe à une douzaine de films jusqu’en 1930. Il est proche des avant-gardes futuristes. Ses premières réalisations sont censurées. Écarté de la réalisation, il est mis au placard. Il sera attaché culturel à Los Angeles, puis Vice-Ministre du Cinéma de l’URSS. Il reviendra à la réalisation avec Le Complot des condamnés dont le scénariste est l’auteur de la pièce éponyme de Nikolaï Virta ; ce film sera distingué en URSS. Il aura réalisé une douzaine de films de fiction, sept films documentaires dont Le sel de de Svanétie.

Lieu de l'événement

Cinéma Le Studio

1 Rue de la Miséricorde, 20200 Bastia

Contact :

  • 04 95 31 12 94

 

Site web :

 

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